Je le savais comme un fumeur sait qu’il nourrit possiblement un cancer et scande qu’il faut bien mourir de quelque chose. mon cerveau n’en pouvait plus jusqu’à me suggérer timidement de supprimer ces réseaux sociaux, lorsque pour la énième fois dans la journée j’ouvrais une de ces applications magiques, laquelle allait m’informer ici du dernier buzz, là du nombre de like généré par une de mes photos. Voici d’autres bienfaits que j’ai retiré

 C’est très bon de ne plus se faire insulter…

J’ai décidé que je n’avais pas à m’infliger des insultes. Les gens ont le droit de ne pas aimer mes post. Ils ont même le droit de m’insulter, ce sont les joies de la démocratie. Mais les lire serait masochiste pour moi comme pour ma créativité.

Le plus blessant est que beaucoup ne s’en prennent pas seulement à mes textes mais aussi à mon physique, à des détails sans importance qu’ils montent en épingle avec une violence disproportionnée. Parfois je me dis, « Mais si ils adressent toute cette colère à quelqu’un qui veut juste partager sa bonne humeur avec eux, que doivent-ils bien adresser aux gens qui leur font vraiment du mal ? ».

Les réseaux sociaux sont la plus jolie des planques pour ceux qui ont de la colère ou de la méchanceté à revendre et je ne veux pas de cela dans ma vie. Une autre raison, sûrement secondaire mais importante, de m’en aller…

 On n’a qu’une vie

Même si, des gens pensent et s’assurent qu’ont à des vies antérieures et que dans la précédente, on n’était pas très sympa, globalement je préfère jouer la prudence en me disant qu’on a qu’une vie. Et que cette vie, on doit la vivre pour nous et pas pour les autres.

J’ai gardé mon compte Instagram, pour me distraire, mais sans y passer plus de quelques minutes par jour. Il fait office d’album-souvenir, de lien avec mes proches et les personnes qui m’inspirent. Mais mon rapport à cette application a complètement changé: avant je pensais en « Instagram ». Dès qu’une chose était jolie, je DEVAIS la partager.

Mes amis n’en peuvent plus que je ne puisse manger sans photographier mes plats. Mais c’était comme si dans ma tête cela n’avait pas de valeur tant que cela ne pouvait pas être partagé avec les gens. Des gens que d’ailleurs pour la plupart, je ne connais pas.

Ce n’était pas vraiment du narcissisme, mais un besoin de tout dire au monde.

Comme si ma vie était un magazine, que chaque jour était un reportage et que ce soir-là, j’allais me faire injurier par le rédacteur en chef de n’avoir rien pu publier de cette fabuleuse tranche de vie.

Aujourd’hui, j’ai mis en mode « off » cette vision instagramesque de ma vie. Je partage les choses « évidentes ». Pour le reste, je me fais quelquefois un peu violence pour ne pas retomber dans de vieux travers, parfois je craque et publie un moment dont le monde n’a pas besoin, mais, globalement, je sens bien que j’ai comme guéri d’une maladie. Et du coup, je me dis : que me restera-t-il plus tard de tous ces moments si je ne les ai vécus qu’à travers un Iphone ?

 Les réseaux sociaux bloquent notre processus de développement personnel

Comme la plante est destinée à s’élever vers le soleil, nous avons tous en nous le besoin de créer, fonder une famille, ou pas, monter une société, inventer des concepts, voyager… La liste est infinie.

Certains parlent de destin, d’autres de vocation, de mission… Mais on a tous un point commun : on a envie de se lever le matin et d’être heureux. Et pour ça, il faut passer par plein d’étapes : des expériences, des rencontres, des épreuves, des déclics, des remises en question…

J’imagine que vous aussi, quand vous pensez à votre avenir. Vous vous dites : « j’ai fait tout ça ! En mal ou en bien, vous avez fait du chemin, des erreurs, pris des décisions, vécu des choses fortes… » Vous êtes allés à la rencontre de vous-même.

Ma question : comment peut-on aller à la rencontre de soi-même lorsque l’on a le nez collé sur un rectangle lumineux à longueur de journée ? Ce smartphone nous détourne de ce qui devrait nous interpeller le cœur en nous offrant une image erronée du monde, tout ça c’est du futile qui se fait passer pour de l’essentiel, en gros c’est un piège. On dit que l’on est connecté aux autres mais en vérité on est en premier lieu déconnecté de nous-mêmes et de nos aspirations profondes.

Les réseaux sociaux c’est super. Pour mobiliser, faire circuler les informations dont les médias ne veulent pas parce qu’elles dérangent, donner la parole à ceux qui ne l’ont pas et qui la méritent, c’est une jolie tribune, une opportunité de changer le monde. Ça c’est quand on les utilise intelligemment ce qui n’a pas toujours été mon cas, loin de là, et je regrette.

Peut-être que ce texte ne vous a pas parlé, peut-être ne vous-sentez vous pas concerné. Mais je l’ai écrit quand même, car j’aurais bien aimé le lire, il y a quelques années, avant de perdre tout ce temps à brasser du « rien », à ne pas vivre mon présent.

Le flux continu d’anecdotes se faisant passer pour de l’essentiel avait raison de mes journées, de mon temps, de mon inspiration et, par extension, de mes rêves. Je continuerai d’utiliser les réseaux sociaux pour partager mon travail, une pensée ici et là et bien sûr mes engagements auprès de diverses structures. Sans doute, continuerai-je aussi de survoler les fils d’actualités des gens que j’aime, enfin évidemment j’irai de mon Instagram de temps en temps. Mais plus jamais plus de vingt minutes par jour en tout. Le prix à payer en retour est trop grand…

Et si maintenant je dois sortir mon Iphone, ce sera pour faire une chose à quoi il sert aussi avant tout mais que j’avais oublié : téléphoner.

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