J’ai récemment eu un accident et, dans ma chute, j’ai perdu bien des choses… dont mon téléphone et ma clé internet ! Ce qui aurait été pour moi un drame il y a encore quelques semaines est aujourd’hui sans importance, car, depuis ce jour, je ne vais plus sur les réseaux sociaux.

J’avais décidé depuis longtemps de rompre avec Facebook et Twitter, de les supprimer de mon smartphone, mais je ne savais pas comment je pouvais rendre cela possible techniquement : il s’agit de plates-formes dont j’ai besoin pour partager mon travail.

Il serait trop long de vous expliquer le cheminement complexe qui m’a amené à une utilisation limitée des réseaux sociaux. Je souhaite simplement présenter ici les bienfaits que je ressens aujourd’hui, suite à la « quasi-plus » belle rupture de toute ma vie.

  1. J’ai retrouvé ma concentration

Twitter et Facebook sont de petites bestioles capricieuses et narcissiques qui ont toujours besoin qu’on les regarde. Parfois, ils me faisaient même croire que, si je ne les regardais pas, j’allais passer à côté de quelque chose d’essentiel, m’exclure de l’humanité. Alors, toutes les quinze à vingt minutes, j’y jetais un œil. Les likes, retweets ou commentaires provoquaient une agréable excitation, je les cherchais et fouillais dans mon smartphone comme on cherche des chips dans un paquet qui ne s’épuise jamais, et ce, sans pouvoir m’arrêter. Bref, j’étais accro.
Du jour où j’ai enlevé Facebook et Twitter de mon Smartphone, en décidant parallèlement de n’y passer que quinze à vingt minutes quotidiennes (maximum) sur mon ordinateur, il m’a fallu soixante-douze heures de détoxication. Trois jours vraiment difficiles, entre susceptibilité, mauvais sommeil et pics d’angoisse à me demander des choses aussi bêtes que : « mais si untel veut discuter et que je ne lui réponds pas immédiatement ! », ou : « et si mon dernier billet suscite un gros bad buzz à cause d’une maladresse à laquelle je n’ai pas fait attention, et que je laisse la chose gangrener plusieurs heures durant, ce sera la catastrophe ! »… Et puis ma raison réclamait sa drogue : le flux d’échanges sociaux sur le web, ses dorlotes tranquillisantes d’assentiment populaire (autrement appelée « likes »). J’ai tenu bon.

Aujourd’hui, je n’ai plus du tout le même cerveau. Je peux écrire trois heures durant sans entendre Twitter et Facebook se plaindre pour que je vienne m’occuper d’eux, je peux regarder un film sans être tenté d’appuyer sur « pause » au cas où il se passerait un truc sur mon fil d’actualité.

Je suis plus productif, j’écris mes billets plus rapidement, j’ai moins de mal à m’y mettre. Moi qui ai l’habitude de lire une heure par jour, je réalise que, sans mes « coupures web », j’ai le temps de lire deux fois plus de choses et emmagasiner plus de savoir. Et plus jamais je ne me mets à penser à autre chose en lisant, ce qui était souvent le cas auparavant.

Depuis que je ne sors plus mon téléphone toutes les dix minutes, j’ai aussi plus d’intuition et je suis mieux ancré dans le moment présent. Mon regard sur le monde n’est plus fait de mille et une voix qui, dans ma tête, se coupent la parole. J’arrive à rassembler tous les messages et à en faire quelque chose, à me dire distinctement par exemple : mon interlocuteur est angoissé, je suis encore contrarié d’une chose qui s’est passée hier, si je veux faire rire avec ce thème je dois faire un parallèle avec tel autre thème… Tout cela est aujourd’hui très clair alors qu’avant je devais négocier en permanence avec un brouhaha interne qui me faisait perdre beaucoup de temps.

Je suis triste, profondément triste, de me dire que cette concentration j’aurais pu la retrouver plus tôt, y a bien longtemps. Je n’ose même pas penser à tous les textes que j’aurais pu écrire, à toutes les idées qui auraient pu me venir (et qui ne viendront plus jamais), tout cela parce que j’ai laissé les réseaux sociaux coloniser mon cerveau…

  1. Je ne veux plus mettre mon énergie dans du « rien »

Si l’on entraîne son cerveau pour la compassion, celui-ci va alors fabriquer de la place dans la tête pour plus de compassion, en retour il va en enlever à d’autres automatismes contraires, comme la rancœur ou la jalousie. En d’autres termes, les sentiments, les habitudes, les schémas de pensée, sont comme des muscles : plus on en fait, plus le corps fera en sorte de savoir le faire bien, il consacrera de l’espace dans le cerveau pour cette « activité ».

Depuis toutes ces années passées sur les réseaux sociaux, j’avais entraîné mon cerveau à plusieurs choses : tout raconter, tout transformer en phrases de 140 caractères, tout photographier, tout partager. Au final, j’étais la journaliste de ma propre vie, à toujours me demander ce qui allait faire rire mes abonnés ou du moins ce qui allait leur parler.

Une fois que la chose était postée, je m’appliquais au suivi, répondais à tout le monde. Si quelqu’un disait une chose n’allant pas dans mon sens, je débattais alors jusqu’à plus soif. Quand quelqu’un disait une chose gentille, je n’en pouvais plus de dire « merci ». Et quand je refermais mon ordinateur, une heure s’était passée, parfois même plus… et j’avais alimenté du « rien ».

Une énergie folle avait été dépensée au détriment de tout ce qu’en parallèle je peux créer de concret, de durable et de plus abouti : mes chroniques, ce premier livre que je commence (mais ne finis jamais), un scénario de film, les gens fabuleux que je peux rencontrer « IRL », une nouvelle recette ivoirienne que je pourrais apprendre…

J’aimerais entraîner mon cerveau à beaucoup de choses : à écrire mieux, à créer des sketchs ou des chroniques plus efficaces, à parler l’italien, à comprendre davantage le monde qui m’entoure, à voyager pour faire le tour de la Côte d’Ivoire… Mais je ne veux plus l’entraîner à fabriquer du contenu pour les réseaux sociaux.

 

  1. On croit partager, mais que partage-t-on vraiment ?

Imagine-toi très haut dans le ciel. Le vent siffle dans tes oreilles, tu n’entends plus du tout la circulation dans la ville. Tu es alors dans une posture où tu vois toute la ville qui s’étend sous tes yeux, avec un sentiment mélangé d’être à la fois le maître du monde et en danger de mort.

Soucieux de partager ce moment avec ton réseau, tu vas  photographier et filmer tout ce que tu peux pour, de retour en bas, faire ce décevant constat en regardant les images : « Ho non ! Ça ne rend rien, ni en vidéo ni en photo ! ».

Là-haut tu avais vécu un moment intense d’altitude et de fragilité. Le silence, l’odeur de l’air non pollué, la peur que tu essayais de dissimuler, le froid… Comment le transmettre fidèlement sur les réseaux sociaux ? C’est impossible. Ni l’Iphone 7, ni même l’Iphone 8, ou 9 ou 24… Ne sauraient rendre tel que tu as vécu ce morceau de présent…

Dans mon prochain article, j’aborderai trois autres avantages à l’abandon des réseaux sociaux sur le smartphone.

7 thoughts on “Une vie sans les réseaux sociaux c’est possible ! – Partie I

  1. Quelques semaines de cela, jetais decidée de me deconnecter de tous les reseaux sociaux,cetait pas facile au debut mais plus les jours passent, plus je me sentais confortable.
    Je ne regardais pas mon telephone de temps en temps,pas de notifications fb a chaque seconde. Ca m’a permis de me concentrer sur ma vie, de differencier le reel et le virtuel,leur importance etc.
    jai beaucoup appris de cette experience, parce qu’elle m’a permis de me detacher de ces reseaux sociaux, de donner plus de temps à ma vie, ma famille maintenant.
    Des lors je me suis servie de la nature pour devenir plus productive et avoir plus d’inspiration.
    je felicite l’auteur pour ce texte, oui et oui cest tres possible une vie sans les reseaux sociaux.

  2. Je vois clairement le bien qu’il y’a à abandonner ces réseaux sociaux cependant J’y arrive pas toutes les fois où j’ai décidé d’arrêter les jours d’après je pouvais plus je pe sentais pas bien . C’est plus que la cocaïne j’en peux plus …

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