Mettre en place un comité de veille pour la protection des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et les professionnels du sexe (PS) contre les Violences basées sur le genre(VBG), tel est la mission de la Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme(LIDHO) en partenariat avec l’Organisation du Corridor Abidjan-Lagos(OCAL). Du 09 au 10 décembres 2016, à l’espace MANVY sise à Angré (Cocody), la LIDHO a initié un atelier de formation à l’endroit d’hommes et femmes de médias pour un meilleur traitement de l’information concernant ces populations et renforcer leurs notions des droits humains.

conférencière exposant sur les VBG

Exposant la situation du VHI/Sida en Côte d’Ivoire, la conférencière, une actrice des droits de l’homme spécialiste de la prise en charge du VIH/Sida, a fait observer que la prévalence en matière de séropositivité est plus élevé chez les populations clés( HSH, PS) en raison de leurs orientations sexuelles, leurs pratiques sexuelles, leurs statuts juridique et leurs statuts sociaux-économiques.
Situation du VIH en CI et chez les pop. clés

Énumérant les différents types de violence basée sur le genre que sont :
le viol
les agressions sexuelles
les agressions physiques
le mariage forcé
le déni de ressources, d’opportunité ou de service
la maltraitance psychologique/émotionnelle
La militante des droits de l’homme a affirmé que la violence basée sur le genre(VBG) est un véritable sujet tabou dans la société en générale. Ce phénomène d’ordre familial ou privé constitue une violation grave des droits de la personne humaine au point de devenir un problème de santé publique.
Interagissant avec son auditoire, elle a fait l’arborescence des VBG avant d’établir une liste de conséquences (immédiates et lointaine) des violences basée sur le genre faite aux populations clés allant du corps visible jusqu’au psychisme, sans oublier les répercussions en terme de santé emportant la vie d’innombrables innocentes. Cicatrices, traumatismes, maladies chroniques, insomnie, sentiment de culpabilité, suicide, mortalité maternelle, maladies sexuellement transmissibles dont le SIDA, tel est le lot de conséquences des violences basées sur le genre (VBG) égrené par la conférencière.
Causes des VBG

Il faut travailler en synergie car Le combat à mener doit être tant au plan individuel que collectif. Pour elle, les professionnels de médias qui sont acteurs de la prévention de la lutte contre les VBG, tout comme les ONG intervenant dans le domaine des violences basées sur le genre, les enseignants, les autorités politique, doivent être outillés pour mieux sensibiliser les communautés sur les conséquences des violences sexuelles, des services de prise en charge disponibles et sur les textes de lois en la matière.
Concequences des VBG


D’un ton tranchant, la conférencière s’est montrée convaincue que la transformation de ces pratiques négatives passe inévitablement par l’éducation des enfants au foyer, l’implication des agents communautaires et religieux notamment, l’établissement de comités de protection des villageois composés d’hommes et de femmes issus des communautés affectées. Mettre sur pied des fora de sensibilisation composés d’hommes, de femmes et des leaders communautaires (religieux pour dénoncer les VBG, impliquer les hommes dans la lutte contre les VBG, Réaliser des débats et faire des parutions concernant l’impact des VBG sur les victimes sont autant d’actions à mener pour lutter contre les violences basées sur le genre.

Droits humains et VBG

Le samedi 10 décembre, jour anniversaire de l’adoption de la déclaration universelle des droits de l’homme, les professionnels de médias (Radio, Presse écrite, Blogueurs…) ont été instruis sur la question des droits humains. Le Directeur exécutif du Mouvement Ivoirien des Droits de l’homme(MIDH), monsieur Amon Dongo, après avoir définit les droits humains (Dispositions ou prérogatives légales qui protège chaque individu), a insisté sur une phrase importante de l’article 2 de la constitution ivoirienne de 2000. Cette même phrase se retrouve également dans la nouvelle constitution : « La personne humaine est sacrée ».
Article 2 constitution de CI

Faisant le lien entre les droits humains et les VBG exercées sur les professionnels du sexe (PS) et les Hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres Hommes (HSH), le conférencier du jour a expliqué que ces populations clés doit aussi jouir de leurs libertés.
Libertés individuelles : droit à la vie, interdiction d’être torturer, liberté de mariage, liberté d’avoir un foyer …
Libertés civiles : droit de contracter des prêts, liberté d’entreprendre …
Libertés politiques : droit de voter, droit à une nationalité…
Liberté de pensée et d’expression : liberté de conscience, d’opinion religieuse ou philosophique, droit à la communication, liberté d’association…

Pour terminer, monsieur Dongo a rappelé aux professionnels de médias qu’ils doivent être le canal sur lequel les programmes d’éducation à la santé et promotion des droits de l’homme peuvent s’appuyer pour atteindre les cibles. Pour ce fait, ils doivent faciliter l’accès aux informations, facilité la couverture d’évènement organisé par les acteurs sur la thématique des droits humains et de la lutte contre les VBG et aussi produire des articles sur les cas de VBG. Le Directeur exécutif du MIDH, pour réussir leur tâche, les professionnels de média devraient traiter de manière éthique et professionnelle l’information concernant les droits des populations clés et se rapprocher d’avantage auprès des organes de lutte contres les VBG.
Dans un prochain article, j’aborderai la culture du viol chez les hommes.

HSH : Homme ayant des rapports Sexuels avec des Hommes
MIDH : Mouvement Ivoirien des Droits de l’Homme
OCAL : Organisation du Corridor Abidjan-Lagos
PS(TS) : Professionnelles du Sexe
VBG : Violence Basée sur le Genre

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