Abidjan vous ouvrira ses immenses bras chaleureux dès votre arrivée. Cette ville est fascinante par sa dynamique et son brouhaha.

A Abidjan, les routes croulent d’automobilistes intrépides qui teintent l’air d’une épaisse fumée grisâtre. Les voies grouillent d’ivoiriens nouveaux excités qui semblent obsédés par une course contre la montre qui n’a pas de fin. Les passagers s’entassent dans les transports multicolores, signe du contraste citadin. S’alignent des bus à l’allure colombienne, qui font craindre à une explosion tellement l’air manque à l’intérieur. L’aménagement urbain reflète une volonté moderniste mais on sent que cela va trop vite pour les Abidjanais, que l’adaptation nécessite du temps et de la confiance. Un beau paradoxe au regard de cette ville qui semble vivre à milles allures, mais c’est à la conscientisation qu’il faut remettre ça.
La chaleur humaine d’Abidjan est palpable à tous les coins de rue surtout dans les quartiers populaires. Surprenant aux premiers abords, cela plonge dans une atmosphère détendue où le lien social a sa place. Où il n’est pas froissé voir transparent, ici même si l’on sent une difficile mixité sociale, les habitants se sourient et se parlent. L’étranger est bienvenu et il est accompagné, lui apporter du confort et du soutien semble être comme un devoir citoyen. Ici trois mots sonnent juste à toutes les oreilles de tous les quartiers de cette monstrueuse ville : manger, boire et danser. Ce triptyque gagnant anime les âmes des ivoiriens tous les jours. Des mœurs pas trop difficiles à s’approprier… surtout quand il s’agit de la fiesta !

Ici le temps a une autre saveur. Il est plus lent mais en même temps plus présent. Attendre trois jours pour obtenir un tampon sur mon passeport, être assise trois heures sur un siège dur pour une rencontre des blogueurs qui aurait durée peut-être une heure et qui officieusement se serait terminée vingt minutes plus tôt, mais en revanche monter dans le car réservé pour nous amener à la plage de Bassam en retard ne pose pas de soucis au chauffeur qui aura attendu tout seul une heure. L’heure africaine me diras-tu. L’équilibre des forces sonne différemment ici. Chacun a sa propre notion du temps et leur synchronisation peint une facette unique d’Abidjan.

Koutoukou (Alcool local)                              credit Photo: Rita Dro

Unique aussi car Abidjan semble avoir deux visages. Un rénové,  greffé, coloré, souriant ; l’autre masqué, dérangeant, et noir. Pour pouvoir arriver à basculer de l’un à l’autre sans difficulté je pense que le plus simple réside dans l’attitude. Une fois au courant des bons et des mauvais planes la vie ici apparaît très confortable. Je peux traverser la ville du Sud au Nord en taxi pour une somme énorme face à l’immensité citadine Gigantisme qui se retrouve dans les endroits où la fête est maître. Par contre tu peux manger un bon » garba » pour combler une petite faim pour moins de 1€ qui se transformera même en repas complet. Mais ici tous les repas ne sont pas accompagnés de jus de fruits. Koutoukou, liqueur locale est le meilleur ami de bon nombre d’ivoiriens. Pour connoter la force de leur alcool, un cocktail ici s’appelle Gbêlê est mélangé a des racines et personne ne sait d’où vient ce nom.

Émerveillée sous le ciel lumineux des quelques grattes ciels, j’avance tranquillement vers une connaissance plus poussée du pays, de ses citoyens et de sa culture. Excitant est le temps et l’espace… démesurément gigantesque.

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